▷ Comment créer un site multilingue ? 2021 -

Avec la croissance d’une entreprise se pose la question d’élargir les opérations au niveau international, et donc de créer un site multilingue, particulièrement utile si votre entreprise s’appuie sur le marketing de contenu.

La déclinaison en plusieurs langues d’un site web répond à divers objectifs :

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  • Véhiculer le message de l’entreprise auprès d’un maximum de personnes, qui sont autant de prospects qu’une version linguistique ciblée du site web peut contribuer à convertir en clients ;
  • Proposer aux internautes, où qu’ils se trouvent et quelle que soit leur langue, une expérience utilisateur la plus agréable et la plus efficace possible, l’idée sous-jacente étant bien entendu de les fidéliser ;
  • Se démarquer des autres entreprises, notamment sur les marchés concurrentiels, en proposant une vitrine personnalisée tant linguistiquement que culturellement.

Il convient de distinguer deux aspects majeurs dans la création d’un site web multilingue :

  • L’aspect technique, à savoir les outils à mettre en œuvre, les approches à adopter, les contraintes et les avantages à différents égards (référencement, visibilité, crédibilité…) ;
  • L’aspect linguistique et culturel : connaissance des marchés cibles et des us et coutumes en vigueur et adaptation des contenus en conséquence.

Aspects techniques

1) Choix de l’architecture et de l’URL associée

Pour faire simple, il existe trois solutions pour mettre en ligne un site web quand il s’agit d’une déclinaison linguistique d’un site source existant.

a) Créer un nom de domaine pour chaque langue visée. Pour un site source www.monsite.fr, on aura par exemple des pendants linguistiques au format www.monsite.es ou www.monsite.de, soit autant de nouvelles URL que de variantes linguistiques.

Cette option est résolument la plus adaptée dès lors que le but est de créer un site web dédié au nouveau marché, avec à la clé la promotion d’une marque, d’une offre, tout en s’adossant à une nouvelle charte graphique.

Avantages : cette solution confère une plus grande autonomie de gestion, permet de développer une stratégie SEO propre au marché et de répondre aux spécificités locales.

Contraintes : cela suppose pour l’entreprise de mobiliser les ressources nécessaires et suffisantes pour assurer le suivi et l’actualisation de ses divers sites ainsi que le référencement dans autant de langues. Par ailleurs, l’entreprise est tributaire de la disponibilité ou non des noms de domaines voulus dans chacun des pays visés. En effet, il faut que chaque site corresponde à un pays avec une langue unique et une extension de nom de domaine associée.

b) Créer un sous-domaine pour chaque langue visée. La structuration en sous-domaines consiste à segmenter son site principal en différents sites similaires (même nom, même structure) traduits dans chaque langue visée, avec des URL de type fr.monsite.com ou encore de.monsite.com.

Avantages : dans le cas où le site principal a été créé au moyen d’un CMS, celui-ci propose généralement des plugins de localisation qui facilitent la mise en place des contenus traduits, par la création de sous-domaines pour chaque langue visée, accessibles à l’utilisateur via un sélecteur de langue. Par ailleurs, cette solution s’avère moins coûteuse que de créer un domaine par langue et est également plus simple à implémenter et gérer.

Le SEO est également moins chronophage en cela que la popularité des liens du site racine bénéficie en partie aux sous-domaines.

Contraintes : le GEO targeting est moyen car les moteurs de recherche reconnaissent moins bien ce type d’architecture multilingue. Un bon référencement de chaque sous-domaine exige donc d’y consacrer du temps et peut s’avérer complexe.

c) Structurer le site source en autant de sous-dossiers qu’il y a de langues cibles. Pour un site source www.monsite.com, cela donnera naissance en l’occurrence à des URL du type www.monsite.com/es/ ou www.monsite.com/de/.

Un site multilingue en sous-dossiers est articulé autour d’un nom de domaine principal international, de type .com, .net ou encore .org, et de sous-dossiers pour chaque langue, tels que site.com/fr ou site.com/de. Le principe consiste ensuite à enregistrer les sous-dossiers individuellement dans Google Webmaster Tools et à les géolocaliser.

Avantages : cette architecture de site multilingue est la plus utilisée car c’est la moins coûteuse à mettre en place (un unique nom de domaine) et elle présente l’intérêt de n’avoir à référencer qu’un seul site. Parce qu’ils sont liés au domaine principal, les sous-dossiers bénéficient en effet de son autorité SEO. Google est par ailleurs en mesure d’identifier le sous-dossier à proposer dans les résultats de recherche en fonction de la langue définie dans le navigateur de l’internaute.

Contraintes : l’utilisation de plusieurs langues sous un même nom de domaine peut impacter négativement le référencement de chaque sous-dossier individuel.

Dans tous les cas, une URL distincte adaptée à la langue et/ou à la région ciblées sera créée. Il est même possible de combiner plusieurs de ces techniques afin de correspondre le plus finement possible à la stratégie à l’international de l’entreprise.

Par exemple, une entreprise peut proposer des variantes d’une même langue (français pour la Suisse, le Canada, la Belgique…). En pareil cas, elle peut, par exemple, proposer un site avec un nom de domaine propre pour la England : www.monsite.fr, ou un site avec des sous-domaines pour chaque variante, à l’instar d’Airbnb : fr.airbnb.ca, fr.airbnb.ch, etc.).

Le choix de l’architecture multilingue dépend véritablement de l’activité de l’entreprise, de ses ressources, de sa capacité à gérer plusieurs marchés et subtilités régionales et des opportunités identifiées à l’international.

2) Balisage du contenu d’un site pour générer des fichiers de langue

Une fois choisie l’architecture du site multilingue, il est nécessaire d’en traduire les pages de contenu dans la ou les langues visées.

Tagguer le contenu de son site consiste ici à identifier dans le code les termes « traduisibles » (appelés strings ou snippets) et à les spécifier comme tels aux fins de générer des livrables destinés à être modifiés : les fichiers de langue.

Plusieurs cas de figure sont possibles : 

  • Le site a été créé avec un CMS 

35 % des sites internet sont réalisés à l’aide de WordPress, en exploitant des thèmes dont la plupart sont pré-taggués. Il suffit alors d’exporter un fichier de langue au format.mo ou .po à traduire ou faire traduire. La réimportation de ce fichier une fois traduit permet d’obtenir la version en langue cible des contenus du site. C’est le cas pour tous les CMS proposant des thèmes. Dans un article en ligne, HubSpot détaille les étapes à suivre pour mettre en place un site multilingue avec HubSpot CMS ; WordPress en fait autant sur sa page Internationalization.

À noter cependant que les fichiers de langue générés par les CMS ne comprennent jamais 100 % du contenu des pages et qu’il est donc nécessaire d’en compléter le taggage afin de procéder à une traduction intégrale.

  • Le site a été créé par un développeur ou avec un framework

L’exportation du fichier de langue requiert ici une opération manuelle qui implique que le prestataire ou le développeur prévoie les fichiers de langue en amont dans le processus, lors de la création du site.

3) Optimisation du référencement à l’international au moyen de l’attribut « hreflang »

La structuration en sous-domaine, sous-dossier ou multi-domaine d’un site multilingue permet de créer une variante régionale ou une version localisée d’une page avec une URL distincte, adaptée à la situation géographique d’un utilisateur particulier. Afin que Google propose à l’internaute la page la plus appropriée dans ses résultats de recherche et le redirige correctement, il est recommandé d’indiquer explicitement au moteur de recherche les pages localisées de son site au moyen de l’attribut « hreflang ».

Trois méthodes sont possibles afin de préciser l’attribut « hreflang » à Google : 

  • Répertorier la page d’origine et toutes ses variantes linguistiques et régionales dans le plan du site ;
  • Utiliser les balises HTML link rel et hreflang dans l’en-tête de chaque page proposées en différentes versions, afin d’indiquer toutes les variantes de la page ;
  • Pour les fichiers non HTML, renvoyer un en-tête HTTP indiquant les différentes variantes.

La marche à suivre détaillée pour chacune de ces méthodes est disponible sur la page d’aide dédiée de Google Search Console.

HubSpot propose également un article circonstancié consacré à la balise hreflang et à son utilisation.

4) Solution alternative : utilisation d’un proxy

Certaines plateformes de traduction telles que Smartling permettent aux entreprises, à partir de leur site principal, d’en proposer des déclinaisons dans d’autres langues sans pour autant créer de nouveaux domaines, sous-domaines ou sous-dossiers. Un proxy de traduction génère et déploie automatiquement une traduction des contenus dans la langue de préférence détectée, ainsi qu’une URL traduite. L’attribut « hreflang » est également automatiquement intégré aux versions localisées afin d’en favoriser le référencement dans les moteurs de recherche, au même niveau que le site principal.

Avantages : aucun codage, aucune traduction, aucun hébergement supplémentaire, aucune préoccupation SEO ne sont nécessaires de la part de l’entreprise pour ce qui concerne la localisation de son site en d’autres langues.

Contraintes : la prise en charge complète de la localisation par les proxys de traduction ne permet pas toujours de créer des URL de suivi personnalisées et l’absence de maîtrise du contenu rend difficile toute forme d’A/B testing sur les pages localisées du site. Il est également impossible d’avoir un contenu différencié entre le site original et les versions multilingues, la traduction des pages étant réalisée par assemblage de snippets et non de façon globale. Il peut également arriver que le temps de chargement du site s’allonge du fait de la multiplication des requêtes adressées au site principal en vue de générer en dynamique les pages localisées.

Aspects linguistiques et culturels

Sauf dans le cas de l’utilisation d’un proxy de traduction comme indiqué ci-dessus, qui implique que les contenus traduits soient rigoureusement calqués sur le texte source, la traduction, ou plutôt la « localisation » des contenus vise au contraire à adapter le contenu original aux différents marchés ciblés.

En effet, un simple copier-coller d’une langue à l’autre n’apporte aucune valeur ajoutée. Il convient au contraire de personnaliser les contenus en fonction du public visé, en retravaillant, en supprimant ou en ajoutant des pages si cela est justifié et pertinent, pour que les internautes aient la satisfaction de lire des contenus qui leur parlent, qui soient représentatifs de leur situation, de leur marché, etc. En bref, un site bien localisé ne doit pas « sentir la traduction ».

Cela passe notamment par certaines attentions, qui commencent dès la passerelle des langues, cet écran dans lequel l’utilisateur peut choisir la langue voulue : on veillera ici à ce que le nom de chaque langue soit orthographié de manière native : Français, English, Español, Русский, Português, etc.

De même, on tiendra compte du formatage de la date et de l’heure, qui peuvent différer d’un pays à l’autre.

Dans la mesure du possible, on veillera à indiquer les prix dans la devise locale. C’est d’autant plus vrai pour les sites d’e-commerce, tant il est avéré qu’un internaute sera plus enclin à déclencher un achat si le site marchand lui fournit des explications et des prix dans sa propre langue.

Autre considération à laquelle on ne pense pas forcément : l’aspect graphique peut avoir une incidence sur la perception positive ou négative à l’égard de votre site. En effet, telle couleur peut avoir une signification dans une culture et une tout autre acception ailleurs dans le monde. Ainsi, le blanc associé en Occident à la pureté et la fraîcheur est la couleur du deuil dans nombre de pays d’Asie. Il représente même le malheur en Inde. Alors que le rouge est synonyme de chance en Chine, c’est la couleur du deuil en Afrique du Sud.

De même, certains symboles graphiques revêtiront une signification différente selon les pays ou les cultures. Il importe de se renseigner au préalable à cet égard.

Par ailleurs, certaines langues se lisant de droite à gauche, il importera d’adapter la disposition des blocs de texte en conséquence et ne pas se contenter de transposer à l’identique la présentation du site « occidental » initial, le cas échéant.

Enfin, chaque page ayant vocation à être référencée, il est crucial de choisir les mots-clés pertinents dans la langue ciblée afin de se garder toutes les chances de figurer au mieux dans les résultats de recherche.